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Côte d'Ivoire : le temps des compromis ? Rencontre Bedie-Dramane Outarra: Amorce d'un dialogue ou jeu de dupes ? Par Alain Léauthier

Publié le par Akeulette

 Alain Léauthier: GRAND REPORTER À MARIANNE

Pris sur le net

Publié le 13/11/2020

Alors que les violences se multipliaient dans le pays, Alassane Ouattara, dont l'élection pour un troisième mandat contesté a été validée par le Conseil constitutionnel, a rencontré Henri Konan Bédié, le chef de l'opposition. Amorce d'un dialogue ou jeu de dupes ?

Ils ont « brisé le mur de glace. » L’expression est celle d’Henri Konan Bédié, le chef de la coalition de l’opposition à l’issue de sa rencontre, avec Alassane Ouattara, le président réélu de la Côte d’Ivoire. Mercredi soir, alors que le pays était en train de dériver dangereusement vers une situation rappelant la guerre civile de 2010-2011, les deux hommes ont eu un entretien de 45 minutes à l’hôtel du Golf d’Abidjan. Là même où, il y a près de dix ans, alors alliés face à Laurent Gbagbo, l’un et l’autre se trouvaient reclus pendant les quatre mois de la crise post-électorale.

Depuis 2018, date du divorce consommé entre le RHDP regroupé autour de Ouattara et le PDCI de Konan Bédié - « canal historique » des Houphouëtistes - la tension n’a cessé de monter. Entre eux et, au-delà, dans l’ensemble du pays, attisée par la décision d’Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat successif quand la plupart des experts en droit estimaient que la Constitution le lui interdisait.

POURSUITES JUDICIAIRES ET ARRESTATIONS

Rien n’a pu convaincre l’ancien cadre du FMI de renoncer : ni l’appel à la désobéissance civile lancée par la quasi-totalité des partis d’opposition et une mosaïque d’organisations, ni les discrètes pressions diplomatiques. Résultat : une élection largement ignorée par la population, par crainte des violences ou adhésion au boycott prôné par l’opposition, mais finalement validée par le Conseil constitutionnel.

Face à la détermination affichée par ses adversaires, regroupés désormais dans un Conseil national de transition, sorte de gouvernement bis n’en ayant pas le nom, Ouattara a d’abord donné du bâton : poursuites judiciaires pour « attentat et complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire national », arrestation de plusieurs très hauts cadres du PDCI ou, après deux jours de cavale, de Pascal Affi N’Guessan, le porte-parole de l’opposition et dirigeant du FPI, le parti fondé par Laurent Gbagbo. Dimanche dernier, Affi N'Guessan apparaît dans une vidéo tournée, semble-t-il, dans les locaux de la DST ivoirienne, mal à l'aise et visiblement sommé de répondre à des questions très directives d'un interlocuteur hors champ : - « Les réseaux dites que vous êtes décédé, c'est de l'intox hein ! » - « Oui je me porte bien, je ne suis pas décédé, je rassure ma famille »- « Vous avez été torturé ? » « Non, pas du tout j'ai été bien reçu… »

Apparemment, l’opération à laquelle 'Affi » a été forcé de se plier a pour but de calmer ses partisans et tous ceux de l’opposition qui n’en démordent pas et continuent de manifester contre le « troisième mandat illégal » en plusieurs points du pays.

TOLÉRANCE ET PARDON MUTUEL

Depuis le mois d'août, il y a régulièrement des affrontements, avec la gendarmerie ou la police mais aussi avec des groupes de population favorables à Alassane Ouattara et assimilées, à tort ou à raison, aux seules ethnies nordistes musulmanes.

C’est du moins la lecture qu’en donnent certains journaux tout comme les autorités ivoiriennes. Dans un entretien accordé à Paris-Match, Alassane Ouattara n'a-t-il pas dénoncé une opposition irresponsable, jouant avec le feu des divisions communautaires ? Voyez, les faits lui donnent raison !, commente-t-on dans son entourage.

En début de semaine le lundi 9 novembre, le président tente pourtant de se situer au-dessus de la mêlée, condamne toutes les violences, invoque le « vivre ensemble », la tolérance et le pardon mutuel. Mais dès le lendemain, le feu reprend dans les rues de M’Batto, une bourgade située dans la région de Moronou (centre-est de la Côte d’Ivoire) fief d’Affi N’Guessan. Face à face, selon certaines versions, des jeunes de l’opposition, essentiellement des autochtones Agni et des jeunes Malinkés, partisans du pouvoir.

CORPS CALCINÉS ET DÉCAPITÉS

Les heures qui suivent réveillent les pires souvenirs de 2010-2011 : corps calcinés, décapités, un nombre encore indéterminé de morts, des dizaines de personnes blessées, à la machette mais aussi par balles, des boutiques saccagées et des habitants hébétés. Le poison des haines tribales, lit-on ici et là.

Quelques témoignages, difficilement vérifiables, racontent pourtant un autre scénario, impliquant des hordes de petits voyous, les « Microbes », supposément financés et quelquefois armés par le pouvoir pour faire le « sale boulot » en lieu et place des forces de l'ordre. En raison de leurs origines, communes à celles d'Alassane Ouattara, le soupçon est récurrent et, même si elle ne porte pas d'accusation explicite, l'opposition n'en veut pour preuve que les violences survenues au mois d'octobre à Dabou, 50 kilomètres à l'ouest d'Abidjan.

85 MORTS DEPUIS LE MOIS D'AOÛT

Pendant trois jours, les dits « affrontements intercommunautaires » font rage. Bilan : 16 morts, 67 blessés. « Les premières investigations ont révélé que ces actes ont été suscités, avec la présence d'individus non-résidents dans la localité qui ont indistinctement porté atteinte à l'intégrité physique et aux biens des membres des deux communautés en ayant pour sombre dessein de créer un conflit intercommunautaire », reconnaît alors le gouvernement. Sans plus de précision sur l'identité des 52 « individus » arrêtés, porteurs de 70 machettes et 12 fusils.

À l’époque, les chancelleries et l'ONU s'alarment. Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne exprime « son inquiétude devant le manque de consensus entourant le processus électoral. » Les mêmes réclamaient depuis quelques jours la libération de tous les prisonniers politiques et, à l'adresse de Ouattara, un « geste fort » en direction de l'opposition. C'était notamment l'exigence d'Emmanuel Macron que l'on disait très contrarié par la raide attitude de son homologue ivoirien et, comme d'autres chefs d'État, choqué par l'intrusion des forces de police dans le domicile même d'Henri Konan Bédié, ancien président de 1993 à 1999.

La rencontre de l'hôtel du Golf semble calmer le jeu mais porte plus de questions que de réponses.. L'ensemble des dirigeants de l'opposition doivent se rencontrer aujourd'hui même et, si tous se félicitent de l'entrevue, ils maintiennent plusieurs demandes avant la poursuite du dialogue, notamment une enquête internationale sur les violences - 85 morts officiellement depuis le mois d'août - et la présence d'un médiateur, non ivoirien et non issu de la CEDEAO ( Communauté économique des États d'Afrique de l’Ouest) suspecte d'être trop partiale. Du départ d'Alassane Outtara, présenté il y a peu encore comme un préalable non négociable, il n'est pour l'heure plus question...

Par Alain Léauthier

 

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VOUS AVEZ DIT TRAITRES? Danon Djedje et Assoa Adou une vraie bande de losers et de traitres!

Publié le par Akeulette

Pendant que le president Affi, croupit quelque part dans une prison en Cote d'Ivoire, depuis mainteant 8 jours qu'il a ete enleve par la milice de Dramane Ouattara, et que sa famille et ses avocats n'ont acces a lui,  et que bizarrement, personne ne leve la voix au FPI pour decrier cette situation, c'est en ces moments difficiles pour la democratie  ivoirienne, que messieurs Danon Djedje et Assoa Adou trouvent opportun de s'afficher avec des sourires aux levres, au pres de monsieur Bakayoko pour une autre rencontre bidon comme celle de Bedie-Dramane Ouattara. Ce Danon Djedje, un anti Affi et un hypocrite de pro GBA.GBO n'est pas son premier essai. Il etait parmi  ces gens du FPI, avec la Lorougnon a l'investiture de Dramane Ouattara en 2011 pendant que le president GBA.GBO etait emprisonne a Korogho et le president Affi a Bouna! Si, ca n'etait pas de la traitrise, qu'est-ce que c'etait alors! De faux democrates qui denoncent jamais les derives du pouvoir Dramane Ouattara, tout ce qui les interesse, c'est leur FPI, pro gens de l'ouest et non la Cote d'Ivoire! Un FPI sans le president AFFI N'GUESSAN, ces gens sont une honte pour la demoncratie Ivoirienne! La Lourougnon cette grande gueule de tribaliste de l'ouest et son compere Lida Kouassi sont muets comme une carpe aujourd'hui! Depuis l'arrestation du president Affi l'opposition Ivoirienne est " morte" en Cote d'Ivoire! Le Lida Kouassi et sa bande de tribalistes, ne sont bons qu'a denigrer le president AFFI, mais jamais a defendre la Cote d'Ivoire.

Une vraie bande de losers et de traitres!

 

 

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La rencontre Bedie-Dramane Ouattara n'amuse pas dutout la Cote d'Ivoire!

Publié le par Akeulette

Monsieur Henri Konan Bedie, a accepte de rencontrer Dramane Ouattara le mercredi 11 novembre 2020 a l'hotel du Golf pour " discuter", apres tout les degats qu'ont causes la candidature controversee de ce dernier. 

Soudainement, Dramane Ouattara s'est souvenu: "que la paix est la chose la plus chère pour tous les deux, et pour tous les Ivoiriens. "

Apres avoir fait tuer des centaines d'Ivoiriens par sa milice tribale et ses microbes, le Moro Naba de Sindou a maintenant decide qu'il voudrait " parler de paix", car il a obtenu par la force, ce qu'il voulait en pietinant la constitution Ivoirienne dont il n'a rien foutre!

Et pourquoi diantre, monsieur Henri Konan Bedie accepte t-il de rencontrer cet homme sans parole et sans dignite? Monsieur Bedie a t-il pense a tout ces nombreux morts, ou aux pauvres parents de ces personnes mortes gratuitement, depuis le mois d'aout ou le Moro Naba a annonce sa cadidature? Dramane Ouattara a fallit vous faire tuer par sa milice, il a fait encerler votre residence par les forces de l'ordre, qui ont tire plusieurs tirs d'armes a feu sur votre  habitation! "À l'intérieur de la résidence, les hommes chargés de la sécurité d'Henri Konan Bédié ont sorti des Kalachnikov pour se préparer à le défendre, a témoigné un journaliste de l'AFP."

Et malgre tout cela, vous acceptez de rencontrer cet MONSTRE DU BURKINA-FASSO?

C'est une insulte faite a la Cote d'Ivoire, cher monsieur Bedie, en acceptant encore de rencontrer le bourreau des Ivoiriens! Une chose est certaine la Cote d'Ivoire, sait que Celui qui la Sauve, C'est LE SEIGNEUR! CELUI QUI L'ARRACHE DES GRIFFES DU MORO NABA DU BURKINA FASSO C'EST LE CHRIST!

 

La rencontre Bedie-Dramane Ouattara n'amuse pas dutout la Cote d'Ivoire!
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NE PAS SE TROMPER DU CŒUR DE LA CRISE IVOIRIENNE: Par Katinan KONE

Publié le par Akeulette

L’une des qualités majeures de la sagesse est son imprescriptibilité en ce qu’elle résiste au temps et peut servir de boussole pour résoudre, en tout temps et en tout lieu, les problèmes identiques. Il en va ainsi de la théorie sur les contradictions dans les mouvements des choses ou des phénomènes conceptualisée dans le matérialisme-dialectique de Hegel. Selon cette théorie, chaque mouvement est porté par un ensemble de contradictions interdépendantes les unes des autres.

Mais cette multiplicité de contradictions ne doit jamais faire oublier la contradiction principale, celle qui est le fondement même, à un temps précis, du mouvement de la chose ou du phénomène. Il arrive parfois même qu’une contradiction secondaire, du fait de son importance apparente, tente de se donner le statut de la contradiction principale. En se focalisant sur cette contradiction secondaire, l’on court le risque de ne pas comprendre le sens du mouvement. Il en est ainsi de la crise actuelle qui a cours en Côte d’Ivoire. En effet, une opinion obscure émerge dans la communauté nationale.

Celle-ci tend à présenter la création du Conseil National de Transition (CNT) comme la cause principale de la violence policière et militaire que monsieur Ouattara exerce, à bras raccourci, sur son opposition. Une telle présentation des choses, du reste, alimentée par les officines proches du régime d’Abidjan, vise à créer un autre centre d’intérêt de ce conflit afin de dédouaner totalement monsieur Ouattara et charger symétriquement son opposition politique en rendant celle-ci victime de ses propres turpitudes. Une telle approche est à double titre abjecte. Elle est abjecte, d’une part, parce qu’elle procède d’une malhonnêteté sans limite et, d’autre part, parce qu’elle risque de tuer la lutte avant que celle-ci n’atteigne son résultat ultime.

Il convient de rappeler la chronologie des faits pour comprendre le cœur de la crise, c’est-à-dire la contradiction principale de laquelle découlent toutes les autres.

Le 06 Août 2020, le Chef de l’Etat sortant, annonce sa candidature à un troisième mandat. Ce faisant, il viole, d’une part, la Constitution qui ne lui autorise que deux mandats comme ne l’ont cessé de rappeler tous les experts commis à la rédaction de la constitution de 2016 ; et, d’autre part, il prend le contre-pied de son engagement solennel, tant dans la forme que dans le fond, pris devant la nation et devant le monde entier de ne pas se présenter à un 3ème mandat. C’était le 5 mars 2020 devant le Congrès à Yamoussoukro. Dès le 7 Août 2020, le lendemain de l’annonce de sa candidature, l’on enregistra les premières manifestations de protestation lancées par la société civile et les premières réprimandes brutales et violentes contre les manifestants de la part des forces de police ainsi que des forces parallèles.

Les brutalités policières qui ont occasionné des morts d’hommes, généralement tués à l’arme blanche, sont assorties de nombreuses arrestations dont celle, en particulier, de Pulchérie Gballet, présidente de l’association de la société civile qui avait appelé à manifester contre la décision du Chef de l’Etat de briguer un 3ème mandat. Ces actes de violence policière contre les manifestants ainsi que les arrestations sont dénoncés, d’abord, par les Etats Unis d’Amérique le 25 Août 2020, ensuite par Amnesty International le 28 Août et, enfin, par l’UE le 18 Septembre 2020. Devant le refus du gouvernement d’ouvrir un dialogue avec l’opposition pour discuter des points du conflit, cette dernière lance, le 20 septembre 2020, le mot d’ordre de « désobéissance civile » qui aboutira au boycott réussi du scrutin du 31 Octobre 2020.

Tirant toutes les conséquences de l’échec dudit scrutin, l’opposition, en toute logique, refuse de reconnaître l’élection de monsieur Ouattara. Et, relevant une vacance de pouvoir, cette opposition crée dans la foulée, le 02 novembre 20, le Conseil National de Transition (CNT).

Comme l’on peut le constater, le cœur de la crise politique actuelle est la candidature de monsieur Ouattara à un troisième mandat en violation de la Constitution. C’est cette première illégalité qui est la source première de la crise politique et en constitue, de ce fait, la contradiction principale. Sans préjudice des critiques, justifiées ou non, qui sont faites au sujet de la création du CNT, ce dernier fait, bien que majeur, ne saurait en aucun cas être regardé comme la contradiction principale de la crise ivoirienne. A supposer même que sa création soit illégale,

cette illégalité ne confère pas pour autant une légalité à la candidature de monsieur Ouattara. Cette dernière souffre d’une illégalité ab initio qui impacte négativement sa supposée réélection du 31 Octobre 2020. Rien ne peut, a posteriori, corriger cette illégalité intrinsèque établie a priori. Le régime ivoirien, en rattachant l’arrestation de certains leaders de l’opposition et le blocus sur les domiciles de d’autres à la création du CNT, entend donner de l’ampleur à ce fait qu’il juge illégal afin de couvrir la controverse essentielle qui porte à la fois sur sa légitimité et sa légalité. Or, tout montre, dans ses actes et dans ses discours, que monsieur Ouattara avait planifié l’arrestation de ses opposants avant même la tenue du scrutin présidentiel. Ainsi, dans son interview accordée au journal le Monde du 24 octobre 2020, il avait annoncé déjà les poursuites contre ses adversaires politiques. Il avait même fixé le quantum de la peine des uns et des autres. C’était bien avant la création du CNT. L’arrestation programmée des principaux animateurs de l’opposition politique et de l’opposition civile devrait servir de moyen de change en cas de négociations pour monsieur Ouattara.

Il réussirait ainsi à déplacer le cœur de la crise de l’illégalité de sa candidature et, donc, de sa réélection vers la libération des prisonniers-otages. Le CNT ne sert finalement que de prétexte. C’est à ce niveau que se situe toute la faiblesse de ce Conseil qui se pose, à mon sens, plus en termes d’opportunité que de légalité. En effet, si le CNT avait été créé dans un autre contexte, l’état de nécessité crée par ce contexte lui aurait conféré la légalité.

Au total, il faut rester vigilant sur le débat et la cause de la crise. Le succès final de l’opposition ne dépendra finalement que de sa capacité à discerner, entre plusieurs, la contradiction principale de la crise qui demeure la violation de la Constitution par le Chef de l’Etat sortant. Toutes les autres contradictions lui sont secondaires en ce qu’elles découlent d’elle. Tous les efforts et les sacrifices de l’opposition seront vains si, au final, cette crise se résout au préjudice de sa cause principale.

 

Katinan KONE.

NE PAS SE TROMPER DU CŒUR DE LA CRISE IVOIRIENNE: Par Katinan KONE
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Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan, la naissance d’un opposant: Par RFI

Publié le par Akeulette

09 novembre 2020 à 18h38 | Par Benjamin Roger

Avec son arrestation pour son rôle dans la création du Conseil national de Transition, le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, a changé de statut. Celui qui a rejoint l’appel à la « désobéissance civile » d’Henri Konan Bédié est devenu une figure de l’opposition.

La vidéo est filmée en plan serré. Les traits sont tirés, le regard un peu hagard. Il ne porte pas ses habituelles lunettes, mais est vêtu du même polo noir que lors de sa dernière apparition publique, il y a quelques jours, en tant que porte-parole du Conseil national de transition (CNT).

« Nous sommes le dimanche 8 novembre 2020. Je ne suis pas décédé. Je me porte bien. Je n’ai pas été torturé […]. Je voudrais vraiment rassurer mon épouse et mes enfants. » Rire contraint face aux relances d’un interlocuteur qui lui souffle ses réponses. Pascal Affi N’Guessan se plie, sans doute sans en avoir vraiment le choix, à cette mise en scène sommaire.

Tournée à la hâte dans un bureau de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à Abidjan, cette vidéo surprenante fait office de « preuve de vie » de l’ex-Premier ministre. Immédiatement relayée sur les réseaux sociaux ivoiriens, elle a pour but d’éteindre la rumeur de son décès, qui enflait depuis le début de la journée sur les bords de la lagune Ebrié.

Trente-six heures plus tôt, vendredi soir, le président du Front populaire ivoirien (FPI) légalement reconnu avait été arrêté à bord d’un véhicule à Akoupé, alors qu’il faisait route vers sa ville natale de Bongouanou, dans le Moronou. La fin de plusieurs jours dans la clandestinité durant lesquels personne, à part son premier cercle, ne savait où il se trouvait.

Pascal Affi N’Guessan, 67 ans, avait disparu le mardi après-midi, alors que les forces de l’ordre venaient d’arrêter une vingtaine de proches d’Henri Konan Bédié et d’encercler la résidence de ce dernier à Cocody. Au même moment, le même dispositif sécuritaire était installé autour de la villa d’Affi N’Guessan, dans le quartier de La Riviera, et de celles d’autres dirigeants du CNT, dont Albert Mabri Toikeusse, dont on est également sans nouvelles.

Absent quand la gendarmerie est arrivée devant son domicile, situé à un jet de pierre de celui du Premier ministre, Hamed Bakayoko, Affi N’Guessan avait décidé de ne pas rentrer chez lui. Il avait prévenu sa femme Angeline, restée à la maison, avait coupé son téléphone et s’était mis à l’abri. Selon son entourage, il n’a jamais « cherché à fuir » à l’étranger, notamment au Ghana voisin, ni même essayé de se réfugier à l’ambassade d’Afrique du Sud, comme certains l’ont laissé entendre.

D’après Richard Adou, le procureur de la République, le porte-parole du CNT était « activement recherché » par les autorités. Comme les autres dirigeants de cette structure parallèle mise en place par l’opposition après l’annonce de la réélection d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat, il est accusé d’avoir commis un acte de sédition « constitutif d’attentat et de complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire national ». Selon nos informations, il a été présenté ce lundi à un juge de la cellule spéciale d’enquête pour se voir signifier les charges retenues contre lui et a été incarcéré dans la foulée.

Difficile d’imaginer, il y a encore quelques mois, que Pascal Affi N’Guessan finirait ainsi sa campagne pour la présidentielle. Après l’échec de sa tentative de rapprochement avec Laurent Gbagbo et ses fidèles (les fameux « GOR » – « Gbagbo ou rien ») initiée au début de l’année, il avait décidé de présenter sa candidature. Beaucoup – à commencer par ses adversaires du FPI pro-Gbagbo – l’accusaient alors d’être de mèche avec le pouvoir, l’accusant volontiers d’être l’ « opposant utile » du régime.

Mi-septembre, Affi N’Guessan fait partie des quatre candidats dont les dossiers de candidature ont été retenus par le Conseil constitutionnel. Mais quand, le 18, Bédié et les principales forces de l’opposition appellent les Ivoiriens à la désobéissance civile face à la « forfaiture de Ouattara », lui seul manque à l’appel. Après de multiples tractations, et notamment grâce à l’intervention auprès de Gbagbo de ceux qui plaident pour l’unité de l’opposition face à Ouattara, le candidat du FPI rallie finalement l’appel à la désobéissance civile la semaine suivante.

« Il a été beaucoup critiqué mais il a toujours été d’une grande cohérence, affirme sa communicante française, Geneviève Goëtzinger. Depuis le début, il est légaliste. Il d’abord essayé de jouer le jeu des institutions, en tentant d’obtenir la réforme de la Commission électorale indépendante [CEI]. Puis, quand le Conseil constitutionnel a dévoilé la liste des candidats, il a compris que Ouattara ne laisserait aucune chance à ses adversaires. Il a donc rallié l’appel de l’opposition à la désobéissance civile, mais là encore dans une logique légaliste, afin de défendre la Constitution. »

Au fil des jours, Pascal Affi N’Guessan prend de l’épaisseur au sein du front d’opposition à Alassane Ouattara. Aux côtés de son allié et aîné, Henri Konan Bédié, il affiche, à longueur d’interviews et de conférences de presse, sa détermination à faire barrage au troisième mandat.

Après l’annonce de la réélection de Ouattara avec plus de 94 % des voix, le CNT est créé. L’objectif ? Instaurer une transition qui organisera de nouvelles élections « libres, inclusives et transparentes ». Les deux opposants qui ont refusé de prendre part à la présidentielle du 31 octobre et appelé leurs compatriotes au « boycott actif » se répartissent les rôles : Bédié en sera le président, Affi N’Guessan le porte-parole. « Il ne pouvait en être autrement. Cette position particulière lui revenait car sa candidature avait été retenue, mais il a quand même décidé de défendre nos institutions républicaines », estime un cadre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

Durant ces quelques jours, dans son nouveau costume de porte-parole officiel du CNT, l’ancien Premier ministre continue à attaquer Alassane Ouattara et à dénoncer sa réélection. « Il a montré un engagement sans faille dans notre combat et a affiché une vraie prestance dans son rôle de porte-parole. Il a toute sa place au sein du front d’opposition », affirme l’un de ses soutiens.

Cela suffira-t-il pour aplanir enfin ses vieux différends avec les pro-Gbagbo et réunir les deux ailes du FPI ? Avec l’ex-président, qui réside à Bruxelles en attendant le verdict en appel de la Cour pénale internationale (CPI), les rapports se sont pacifiés. Ces dernières semaines, les deux hommes avaient échangé plusieurs fois au téléphone. Désormais en prison, comme son mentor avant lui, Pascal Affi N’Guessan pourrait en ressortir auréolé du statut d’opposant ayant, lui aussi, payé de sa personne son engagement politique.

https://www.jeuneafrique.com/1071762/politique/cote-divoire-pascal-affi-nguessan-la-naissance-dun-opposant/?utm_source=facebook.com&utm_medium=social&utm_content=jeune_afrique&utm_campaign=post_articles_facebook_09_11_2020&fbclid=IwAR3ZS2C5NVFcpUCRbd9XF2hTRed-NezXf1AnsqACZxgXxdN1xngzOvuh53I

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Côte d’Ivoire: l’opposition s'inquiète pour ses responsables arrêtés: Par RFI

Publié le par Akeulette

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Les tensions politiques sont de plus en plus fortes en Côte d'Ivoire, une semaine après une élection présidentielle controversée qui a vu le président sortant Alassane Ouattara l’emporter avec 94,27% des suffrages, selon la CEI. Accusés de sédition et d’« actes de terrorisme », plusieurs leaders de l’opposition sont recherchés ou mis aux arrêts.

Maurice Guikahué, le numéro 2 du PDCI, dort désormais à la MACA. Selon le Parti démocratique, il a été mis en détention dans la grande prison d’Abidjan vendredi, avec cinq autres personnalités du parti, dont les sénateurs Seri Bi N’Guessan et Bassy Koffi Bernard, ainsi que le directeur de cabinet d’Henri Konan Bédié, Narcisse N’dri.

L’ancien Premier ministre et président du FPI-légal, Pascal Affi N’Guessan, a été arrêté vendredi soir, mais depuis, il est introuvable, selon ses avocats qui souhaitent assurer sa défense et s’enquérir de son état physique et mental.

Dans un communiqué publié dimanche en fin de soirée, le ministère de la Sécurité déclare qu’il se « porte bien », sans préciser son lieu de détention. Une source policière indique qu’il se trouve en « lieu sûr », qui ne peut pas être révélé pour des questions de sécurité.

Seize chefs d'accusation

Toutes ces personnalités, ainsi que l’ancien ministre Abdallah Mabri Toikeusse, toujours « en fuite », sont poursuivies par la justice ivoirienne de 16 chefs d’accusation, dont « complot et attentat contre autorité de l’Etat ». Après le scrutin, elles ont refusé de reconnaître la réélection d’Alassane Ouattara, qu’elles jugent inconstitutionnelle.

Dans un communiqué, le PDCI exige leur libération et dénonce également des « expéditions punitives » contre les militants, et l’occupation « par les forces de l’ordre » du siège du parti qui se trouve dans le quartier de Cocody, à Abidjan.

Nous sommes extrêmement préoccupés, parce que cela fait 48h qu’on ne peut pas voir Pascal Affi N’Guessan, on ne sait pas quel état il est. Ni ses avocats, ni son médecin, ni sa famille n’ont accès à lui. C’est inadmissible. C’est une violation des obligations internationales

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201108-c%C3%B4te-divoire-opposition-inqui%C3%A8te-pour-ses-responsables-arr%C3%AAt%C3%A9s?fbclid=IwAR0gy45aOMkl1t07P4nkw-Cuogh1z_XQymbOUIX9INZXw9QFhuibnVU_So8&ref=fb_i

Côte d’Ivoire: l’opposition s'inquiète pour ses responsables arrêtés: Par RFI
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Mise au point par Jean Bonin suite à des rumeurs récurrentes relatives au décès du Président Pascal Affi N’guessan des suites d’actes de tortures : Pris sur le net

Publié le par Akeulette

Suite à des rumeurs récurrentes relatives au décès du Président Pascal Affi N’guessan, des suites d’actes de tortures, notamment par électrocution, j’ai été saisi par de nombreuses personnalités politiques, nationales et internationales, des dirigeants d’organisation de défense des droits de l’homme, des chefs coutumiers ainsi que des guides religieux sur la réalité de ces allégations. Pour l’heure, je ne suis pas en mesure de confirmer ou d’infirmer ces allégations.

Le ministre de la securité de Côte d’Ivoire, le Général Vagondo, a annoncé hier, lors d’une interview sur RFI, que le président Affi était détenu à la DST. Dès cette annonce, ses avocats s’y sont déférés en vue de le rencontrer. Il leur a été déclaré sur place que leur client n’y était pas.

Nous appelons les organisations des droits de l’homme, notamment la Commission Nationale des Droits de l’Homme, FIDH, Human Right Watch et Amnesty International de se joindre à toutes les voix autorisées en vue d’interpeller l’Etat de Côte d’Ivoire sur ses obligations en matière de respect de la dignité humaine et de le tenir pour responsable de toute atteinte à son intégrité physique ou morale.

Fait, à Abidjan le 8 novembre 2020

Jean Bonin KOUADIO

 

Mise au point par Jean Bonin suite à des rumeurs récurrentes relatives au décès du Président Pascal Affi N’guessan des suites d’actes de tortures : Pris sur le net
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COMMUNIQUE DU COLLECTIF DES AVOCATS DE MONSIEUR PASCAL AFFI N’GUESSAN, DEPUTE, PRESIDENT DU CONSEIL REGIONAL DU MORONOU ET PRESIDENT DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN: Pris sur le net

Publié le par Akeulette

 
Les conseils de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN portent à la connaissance de la Communauté nationale et internationale que des rumeurs persistantes circulent dans le pays et sur les réseaux sociaux. Ces rumeurs annoncent que Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN aurait été arrêté dans la nuit du Vendredi 06 novembre 2020 à 21heures sans plus de précision.
Depuis cette information, les conseils de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN ont mené des recherches dans les différents services de l’Etat tels que la Direction de la Surveillance du Territoire à Cocody, la Préfecture de Police à Abobo, la Brigade de Recherches de la Gendarmerie et la Police Judiciaire au Plateau. Toutes ces recherches n’ont donné aucun résultat.
Si l’information de l’arrestation de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN était avérée, et son lieu de détention inconnu, il est clair que l’Etat de droit n’est plus de mise en Côte d’Ivoire et qu’il a fait place à l’Etat barbare. Ce qui serait inacceptable.
Le collectif des Avocats tient à rappeler que Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN est un homme politique notoirement connu des autorités publiques de Côte d’Ivoire. Il n’a jamais fait l’objet à la connaissance de ses conseils d’une quelconque convocation à laquelle il aurait refusé de répondre.
Le Collectif des Avocats tient à rappeler que depuis le Mardi 03 novembre 2020, le domicile de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN fait l’objet d’un blocus par la gendarmerie nationale qui selon elle, a reçu l’ordre d’y empêcher toute entrée et toute sortie de quelqu’individu que ce soit. Ce qui est une violation des droits fondamentaux des personnes qui s’y trouvent notamment le personnel de maison empêché de sortir et de rentrer dans la maison. La compagne de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN qui ne peut s’approvisionner ni en vivres ni en médicaments parce que également empêcher de sortir. Tout ceci constitue également une violation de l’article 21 de la constitution qui dispose que : « Tout citoyen ivoirien a le droit de se déplacer et de s’établir librement sur toute l’étendue du territoire national. Tout citoyen ivoirien a le droit de quitter son pays librement et d’y revenir. L’exercice de ce droit ne peut être limité par la loi. ».
Le mercredi 04 novembre 2020, la compagne de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN informait le Collectif des Avocats que les gendarmes ont fait irruption à l’intérieur du domicile sans aucun mandat de perquisition pour y mener des fouilles sans dire mot de ce qu’ils cherchaient.
Ils ont même fait irruption dans la chambre principale de la maison alors que la compagne de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN dormait ; ce qui est encore une autre violation des droits fondamentaux de cette dame.
Le collectif des Avocats voudrait à travers ce communiqué interpeller la Communauté nationale et internationale sur le traitement inhumain et dégradant fait aux proches de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN. Le Collectif des Avocats tient responsable l’Etat de Côte d’Ivoire et son Gouvernement de tout ce qui pourrait arriver à Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN si son arrestation était avérée et sa détention dans un lieu inconnu.
Au total, le Collectif des Avocats demande la levée immédiatement et sur le champ du blocus du domicile de Monsieur Pascal AFFI N’GUESSAN.
Fait à Abidjan, le 07 novembre 2020
Pour le collectif :
Maître DAGBO PIERRE
Maître BREDOU JOSIANE
Maître ODEHOURI KOUDOU
COMMUNIQUE DU COLLECTIF DES AVOCATS DE MONSIEUR PASCAL AFFI N’GUESSAN, DEPUTE, PRESIDENT DU CONSEIL REGIONAL DU MORONOU ET PRESIDENT DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN: Pris sur le net
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Après la chute du tyran Burkinabé, la paix reviendra en Cote d'Ivoire! Alors fortifiez-vous et prennez courage!

Publié le par Akeulette

Les opposant ivoiriens ont essayé de sauver leur pays des mains du tyran, mais ils ont été tous mis aux arrêts, par le tyran Burkinabé au visage tuméfié! Je ne désespère pas, car je sais ce que, ce régime tyrannique va chuter, après sa chute, la paix reviendra en Cote d’Ivoire! Comme je vous l’ai toujours dit: C’est Le Seigneur Seul qui pourra venir en aide à  la Cote d'Ivoire! C'est Lui Seul qui pourra, arracher la Cote d’Ivoire des mains de ce tyran Burkinabé, car la crise ivoirienne est purement spirituelle!

Alors fortifiez-vous et prennez courage!

 

 

Après la chute du tyran Burkinabé, la paix reviendra en Cote d'Ivoire! Alors fortifiez-vous et prennez courage!
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Côte d’Ivoire : arrêtés, relâchés, en résidence surveillée… Le point sur le sort des opposants: Par jeune Afrique

Publié le par Akeulette

| Par Jeune Afrique
 
 

04 novembre 2020 à 17h00 | Par Benjamin Roger et Vincent Duhem


Deux jours après l’annonce de la victoire d’Alassane Ouattara et de la création d’un « Conseil national de transition » par l’opposition, la résidence d’Henri Konan Bédié est toujours encerclée par la police, comme celles de plusieurs autres opposants. Si plusieurs personnes ont été relâchées après les arrestations de mardi, le sort d’autres personnalités demeure incertain.

Tout a basculé mardi 3 novembre, dans l’après-midi. Après une conférence de presse au domicile d’Henri Konan Bédié (HKB), dans le quartier de Cocody, à Abidjan, plusieurs opérations de police et de gendarmerie ont visé les opposants qui, la veille, s’étaient déclarés favorables à l’instauration d’un « Conseil national de transition ».

Les forces de l’ordre ont d’abord extrait une vingtaine de personnes de la résidence de Bédié, dont Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Narcisse N’dri, le directeur de cabinet de l’ancien président, et plusieurs de ses neveux et nièces. Certains ont été emmenés à la préfecture de police, d’autres à la Direction de la surveillance du territoire (DST). Le personnel d’HKB a rapidement été relâché, d’autres ont dû attendre mercredi matin.

Le sort de plusieurs autres personnalités demeure incertain. Djénébou Zongo, chargée de la communication de Bédié, et Jean-Claude N’Dri, son neveu chargé du protocole, ont également été entendus à la préfecture de police mercredi matin. « Quelques personnes qui étaient présentes chez Bédié doivent répondre de certains actes qu’ils ont posés dans le cadre du mot d’ordre de désobéissance civile », précise une source gouvernementale.

L’ancien président de 86 ans n’a pas été inquiété pour sa part, et il est resté chez lui avec son épouse. Depuis mardi après-midi, sa résidence est cernée par la police. « Il est harcelé par le pouvoir, affirme l’un de ses proches. Mais il ne faiblira pas devant l’arbitraire. »

Pascal Affi N’Guessan, le porte-parole de la plateforme de l’opposition qui avait multiplié les interventions devant la presse ces derniers jours, a de son côté disparu de la circulation. Mardi après-midi, sa résidence de la Riviera, voisine de celle du Premier ministre Hamed Bakayoko, a été encerclée par la gendarmerie. À l’heure où nous écrivions ces lignes, aucune information sur la localisation de l’opposant n’était connue.

Plusieurs véhicules de la gendarmerie étaient par ailleurs postés devant la résidence d’Assoa Adou. Le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo y est bloqué. « Personne ne peut entrer, ni sortir », explique l’un de ses proches. Ce qui, selon son entourage, ne l’empêche pas de rester en contact téléphonique avec l’ex-président, toujours à Bruxelles en attente de la fin de la procédure devant la Cour pénale internationale (CPI). Par ailleurs, la résidence Hubert Oulaye, ancien ministre de Gbagbo, faisait aussi l’objet d’un blocus policier.

L’accès à la résidence d’Albert Mabri Toikeusse, dans le quartier de Marcory Résidentiel, était fermé par un camion de la gendarmerie. Cet ancien allié d’Alassane Ouattara, plusieurs fois ministre, y était toujours ce mercredi, bloqué lui aussi. « Les trois policiers affectés à ma sécurité ont été rappelés hier [mardi] et les trois gendarmes de ma garde, dont le chef de sécurité, viennent d’être interpellés », a-t-il indiqué à Jeune Afrique en milieu de journée, ce mercredi. Après l’annonce par l’opposition de la création d’un « Conseil national de transition » (CNT) présidé par Bédié, le gouvernement a saisi le procureur de la République afin qu’une instruction judiciaire soit ouverte.

« Cette déclaration ainsi que les violences perpétrées à la suite du boycott actif constituent des actes d’attentat et de complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire national. Ces faits sont prévus et punis par la loi pénale », a déclaré mardi le ministre de la Justice, Sansan Kambilé.

Dans un communiqué publié ce mercredi, le collectif des avocats d’Henri Konan Bédié et des leaders de l’opposition « dénonce » la « tentative illégale d’arrestation » de Bédié, « l’interpellation illégale de Maurice Kakou Guikahué sans la levée préalable de son immunité parlementaire » et « la séquestration des occupants des résidences des leaders de l’opposition ».

https://www.jeuneafrique.com/1069212/politique/cote-divoire-arretes-relaches-en-residence-surveillee-le-point-sur-le-sort-des-opposants/

 

 

Côte d’Ivoire : arrêtés, relâchés, en résidence surveillée… Le point sur le sort des opposants: Par jeune Afrique
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