" Brexit : François Hollande au pied du mur"

Published on by Akeulette

Pierre-Alain Furbury Le 24/06 à 10:49

Le chef de l’Etat a promis des « initiatives » en Europe. Après le vote des Britanniques, le chef de l’Etat doit se montrer à la hauteur. Mais la tâche est ardue.

Après le rejet de l'Union européenne par les Britanniques , ce Brexit auquel il ne voulait pas croire - selon plusieurs de ses proches -, François Hollande se retrouve au pied du mur, lui qui avait promis des « initiatives " européennes.

Ce vendredi matin, le chef de l'Etat doit monter au créneau, pour tenter de rassurer et d'ouvrir des perspectives. Conscient, aussi, des risques pour l'Europe et pour la France.

Il doit faire une allocution en fin de mâtinée. Plus tôt, il a présidé une réunion ministérielle de crise à l'Elysée, à laquelle participaient Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères), Harlem Désir (Affaires européennes), Michel Sapin (Finances) et le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, le Français Pierre Moscovici.

Il s'était aussi entretenu par téléphone avec plusieurs responsables, notamment la chancelière allemande, Angela Merkel (qu'il rencontrera lundi à Berlin), et le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Les lieutenants du chef de l'Etat veulent voir dans cette crise une opportunité. Sur le fond, pour « aller de l'avant » alors que l'Europe parait depuis longtemps en panne. Et sur le plan politique, pour se relancer lui-même alors que son image est très dégradée dans les sondages à dix mois de la présidentielle.

« Le Brexit est une occasion pour relancer l'idée européenne. Et une vraie opportunité pour lui de reprendre la main », juge un Hollandais.

Mais se montrer à la hauteur ne sera pas si simple. Car la tâche est immense. « Il va falloir engager une relance de la construction européenne mais pas une relance de plus, pas un plan de plus », a-t-il prévenu jeudi, plaidant pour une Europe qui assure « d'abord sa protection, sa sécurité, sa défense », la surveillance de ses frontières, qui soit « capable de définir son avenir industriel technologique, universitaire, scientifique » de se doter d'institutions « plus simples, plus rapides ».

« Son calcul, c'est que Merkel, qui bloque, bougera », explique un habitué de l'Elysée. Mais le président est-il en position de force en Europe, tant il est impopulaire en France ? Surtout si près de la fin du quinquennat.

Conseil des ministres extraordinaire à 16 heures

François Hollande est d'autant plus contraint de réussir que le Brexit, après une campagne dominée par la thématique de l'Europe passoire, favorise tous les populismes européens. A commencer par le Front national, qui a déjà le vent en poupe à l'approche de la présidentielle.

Se l'Europe ne montre pas une capacité de rebond, la crainte est aussi que le Brexit ait un réel impact sur l'économie de l'Union européenne et, par voie de conséquence, sur la reprise en France. Même si, au gouvernement, on se voulait rassurant avant le vote. Un Conseil des ministres extraordinaire est convoqué pour 16 heures ce vendredi.

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